« Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et sa femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin. » Genèse, III 8
Vous êtes seul, et vous vous promenez. Champ, forêt, colline, montagne, plage, désert ? Je ne sais. Mais vous vous y promenez.
Et puis, au loin, vous entendez le pas de Dieu qui se promène en son jardin à la brise du jour et vous ne vous cachez pas, car à quoi bon ? Vêtu ou non, vous êtes nu.
Vous vous promenez donc et le pas se rapproche, et parfois vous croyez sentir le souffle de Dieu sur votre nuque, votre visage, ou même vos mains.
Et sa chaleur, et sa fraîcheur, et l’écho de sa voix qui chantonne dans le vent. Que fait-Il ? Que voit-Il ? Que pense-t-Il ? Ces questions vous traversent et s’estompent.
Parfois, vous pensez être seul. Parfois, vous savez qu’Il est là. Vous continuez votre marche, le regard perdu dans sa création, cherchant et trouvant, ici et là, l’émerveillement.
Soudain, vous vous arrêtez et écarquillez les yeux. Avez-vous bien vu ? Ce peut être des brins d’herbe, ou des feuilles, ou des pierres, ou des vagues, ou des flocons de neige, ou des grains de sable, ou autre chose encore.
Vous regardez donc, éperdu, et comprenez que vous avez bien vu. Il les a faits, tous les deux, avec un soin méticuleux, totalement semblables et totalement différents.
Et là, les mots quittent votre bouche pour s’en aller vers Lui :
« Tu es dingue, Dieu. Complètement dingo. »
Rouge de confusion, vous cherchez un brin d’herbe derrière lequel vous cacher, mais comment se cacher de Lui ?
Alors vous le regardez.
Et Lui vous contemple, vivante incarnation de l’innocence ; la main posée sur la poitrine, Il prend un air blessé pour vous demander :
« Qui ça ? Moi ? »
Et Il éclate de rire.
Poèmes en prose (table des matières)
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