jeudi 9 juillet 2026

Le vingt-deuxième courrier

 

Mon bien cher ami,

Je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais en arrivant aux États-Unis, mais certainement pas à ça. J’imagine que ceux qui s’y rendent pour travailler, voyager ou poursuivre un rêve regardent les choses avec de tout autres yeux, mais j’y vois pour ma part des îlots Potemkine perdus dans un océan de réalité. Qu’il en aille ainsi pour les deux campus que j’ai visités (Stanford et l’Université de San Francisco, car tes amis ont voulu me montrer leurs lieux de travail et, au passage, me faire parler de mes quelques écrits avec des étudiants), rien que de normal après tout ; c’est en revanche gênant quand cela concerne tous ceux dont les revenus sont convenables. Mais bon, ce n’est pas de cela que je souhaite te parler, alors venons-en au vif du sujet.

Les gens de l’équipe de San Francisco se sont révélés charmants, et Elizabeth est une cicérone de premier ordre. Si je n’étais pas l’un d’eux, je dirais que tu choisis merveilleusement bien tes amis. Figure-toi qu’avec sa façon de me parler des statistiques lorsqu’on les pratique à son niveau, j’ai presque eu l’impression de comprendre de quoi il était question. Quelle merveilleuse enseignante elle doit être ! Mais bon, de là à dire que j’ai saisi la nature des anomalies qui ont attiré son attention puis la tienne, il y a un fossé qui tient davantage de l’Atlantique que du Rubicon. Si j’ai compris quelque chose, elle aurait démontré que l’évolution de certaines opinions n’était pas explicable autrement que par l’intervention d’un ou plusieurs facteurs inconnus, et donc sans doute non mesurés. Est-ce bien cela ? En gros, tu pousses une bille vers l’avant et elle part à droite ou à gauche, voire recule.

Au fait, en sommes-nous vraiment là ? N’y a t-il plus rien de spontané ou plutôt d’imprévisible dans les actions humaines, même à l’échelle individuelle ? Sa façon de mettre en valeur la prédictibilité des actions grâce aux IA permettant de rassembler plus de données qu’on n’aurait pu en rêver une décennie auparavant m’a glacé le sang. Et tout cela avec un sourire charmant, pas ce truc qu’ils apprennent dans les écoles de commerce, en plus. À bien des égards, elle te ressemble, cher ami, lorsqu’elle s’égare à penser à voix haute. Je mettrai un bémol à cela en disant que lorsque j’en ai parlé à Svetlana, elle a éclaté de rire et m’a dit que « l’hôpital se moquait de la charité ». M’a t-elle mis en boite, ou bien suis-je moi aussi totalement insensible quand je me perds dans les circonvolutions de l’intellect ?

Mais bref, pour en revenir à nos moutons, car c’est ce que nous sommes devenus, apparemment, cette histoire de facteur inconnu m’a obnubilé sans que je sache vraiment pourquoi, avec un accent particulier mis sur les endroits où il apparaissait avec le plus de clarté, c’est à dire les très grandes villes. Cela a titillé quelque chose en moi, mais bon, nous n’en sommes pas encore là.

J’ai demandé à Liz comment tout cela se traduisait concrètement, mais elle a refusé de se livrer à des conjectures, disant manquer de données. Tu me connais : pour moi, une telle réponse est inacceptable. Je l’ai donc travaillée au corps comme je l’ai déjà fait avec quelques personnes de ma connaissance, et elle a fini par concéder qu’elle avait songé à certaines hypothèses, la première étant une négativité généralisée débouchant sur le désespoir, avec pour issues la passivité fataliste ou la révolte sans objet ni but. Voilà qui ressemble bien à notre civilisation, n’est-ce pas ? Après qu’elle eut plusieurs fois employé des métaphores ayant trait au poids, un déclic se fit en moi. Je pense que j’étais déjà sur cette piste en raison des lieux-mêmes : Fritz Leiber, l’auteur d’ Our Lady of Darkness, ouvrage dont il va être question, a vécu à San Francisco et y a situé l’action de son roman. Je ne me souviens plus vraiment des détails, mais il y présente une forme particulière de magie dont beaucoup croient qu’il l’a inventée pour l’occasion, la « megapolisomancy », qui repose sur l’énergie développée par de grands ensembles architecturaux. Dans l’ouvrage, elle s’incarne dans une sorte de créature qui manque d’écraser le héros sous sa masse invraisemblable. Note au passage que je te recommande le roman, tout comme Conjure Wife, du même auteur. Ils sont liés dans ma mémoire parce que, durant mes études, j’avais acheté un « TOR Double » (une édition américaine) qui les contenait tous deux. J’imagine qu’en raison de tes goûts littéraires tu as reconnu l’allusion à Thomas de Quincey, qui est loin d’être le seul élément troublant de l’ouvrage. Quant à moi, l’étrange culture de mon épouse me fait souvent songer à Conjure Wife, pour des raisons que tu comprendras aisément en lisant le livre.

Bref, j’ai suggéré à Liz d’introduire cette donnée dans ses calculs : pouvait-il exister un lien entre cette négativité et de grands travaux de construction ? Le désespoir avait-il succédé au New Deal ? Durant la conversation, j’ai évoqué le quartier de la Défense, à Paris : était-il possible que cet apparent échec commercial ait été une réussite magique ? Elle n’a pas pu le confirmer avec certitude mais le croisement des données à grande échelle met en évidence un lien entre le pessimisme de la population, sa perte d’énergie et l’apparition de chancres de béton sur la surface du pays, qui précède de peu des crises de mal être. Troublant, n’est-ce pas ? Sommes-nous passés des baguettes de K.E. Wagner aux grandes barres et aux tours de Fritz Leiber ? Ce qui n’était qu’une idée en l’air paraît à présent envisageable : les immeubles pèsent à la fois sur le sol et sur l’esprit des gens ; à la cathédrale qui les élève, les pouvoirs publics et les puissances d’argent ont répondu par le béton qui les abaisse, et cela dans des proportions délirantes.

Ici, je dois bien admettre que mon imagination s’est mise au travail, me jouant pêle-mêle des images dérangeantes d’inaugurations de tunnels bizarres, de fêtes étranges au cœur des cités, de « villes 15 minutes » flambant neuves, d’îles artificielles couvertes de tours, de promoteurs aussi triomphants que surpuissants, tout cela trônant au dessus d’une masse de serfs tirant des pierres pour bâtir de nouvelles pyramides dédiées à l’immortalité de leurs maîtres.

Je vais sans doute te paraître un peu fou – enfin, non, pas à toi, car tu sais à quoi t’attendre, mais à bien des gens, j’imagine – mais je n’ai pas oublié que, lors de la tentation au désert, la dernière chose que le diable propose à Jésus est de lui donner « tous les royaumes avec leur gloire » et que le Christ semble penser qu’il en a le pouvoir. Or, s’il peut les donner, c’est parce qu’ils lui appartiennent. Voilà, tu sais à présent qui, selon moi, est le big boss de ce monde, celui à qui tous ceux qui détiennent un pouvoir économique ou politique rendent hommage et doivent des comptes ; sur ce point, je rejoins Jacques Ellul (en ce moment, je relis avec profit sa Subversion du christianisme).

Je crois sincèrement que les puissants veulent du mal aux gens car sinon, comment expliquer ce qu’ils font alors qu’ils sont souvent formidablement intelligents ? Et sache que je ne mets pas en dessous d’eux le fait d’utiliser la magie pour nuire.

Mais laissons là cette digression, et reprenons.

J’imagine que le rapport de ton amie t’en dira bien plus que je ne saurais le faire, car tout cela a des proportions qui dépassent l’imagination mais qui, apparemment, sont à la portée des mathématiques. J’attends avec impatience ce qui en sortira.

Je ne souhaitais pas te parler de mes aventures sur le front onirique car il s’agit d’une intuition que rien ne vérifie, mais ma femme m’a fait les gros yeux en me rappelant que c’était très précisément pour ce genre de choses que tu m’avais demandé de travailler avec toi en premier lieu, alors voilà.

Depuis quelques temps, je fais ce que je nomme des rêves-guimauves. Ils ont l’air authentiques mais on jurerait que ce sont des spots de publicités financés par l’état pour favoriser le vivre-ensemble, lutter contre le racisme ou sauver la planète. En un mot, je pense que quelqu’un a trouvé le moyen d’orienter les rêves des gens, voire de leur donner un contenu de son cru. Je n’en dirai pas plus sur le sujet, mais il reste ouvert ; s’il t’intéresse, j’y reviendrai.

Avec les amitiés de ta tante d’Amérique, les bises de Svetlana et mes propres salutations, je te quitte sur ces mots : j’ai un avion à prendre.

Bien à toi.

 

Contes (table des matières)

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mercredi 1 juillet 2026

Noté sur mon pense-bête (4)

 

Connaître, c’est naître avec :

C’est ce qu’on fait à chaque instant ;

L’ignorance est un arbre sec

Qui n’a pas de fruit en son temps,


Mais lorsqu’on naît, on ne sait rien,

On prend la vie à pleine main :

Le nouveau-né n’a aucun bien,

Le savant est un tonneau plein ;


Celui qui sait est une tombe

Où il s’est enterré enfant :

Le savoir sape le vivant,

C’est sous son poids que l’on succombe,


Alors apprends mais ne sais pas,

Apprends le monde à chaque instant,

Laisse la vie guider tes pas,

Explore-la comme un enfant :


Christ est toujours un nouveau-né

Qui tend sa main pour te saisir ;

Donne-Lui ton doigt tout usé

Et ensemble apprenez le rire.

 

Voyages autour de mon lit (table des matières)

 

lundi 29 juin 2026

Mélopée : En lisant Saint Jean

Présentation :

Comme je l’ai noté par ailleurs, certains des textes que j’écris sont ce que je nomme des « mélopées » : ils sont conçus pour être chantés, comme le fut toute poésie jusqu’à une époque relativement récente (aux alentours du 15ème siècle, il me semble). Ils peuvent bien sûr être lus même s’ils n’ont pas été conçus pour cela ; ce ne sont toutefois pas des chansons mais, à mon sens, bel et bien des poèmes. Sans m’étendre sur le sujet, le seul fait de respecter quelques règles de métrique suffit à donner un rythme régulier à un poème, lui donnant ainsi un aspect musical qui peut être plus ou moins accentué. Faire du monologue de Don Diègue dans Le Cid un rap est une tâche aisée ne nécessitant aucune adaptation des vers de Corneille.

Ainsi, parmi mes tentatives récentes, « Le chant d’une femme » ou « Si j’étais, moi » sont des mélopées : la raison pour laquelle je n’ai pas proposé de partition est mon incompétence en musique mais aussi la complexité de la tâche. J’ai bien eu des airs en tête, mais si variés et si changeants que je peux les dire en improvisant plus qu’à moitié mais pas leur donner une forme fixe. Pas encore, tout du moins.

Par contre, j’ai chanté de nombreuse fois « En lisant Jean 15 » lors de mes promenades en forêt, même si mes talents en cette matière m’ont donné les pires appréhensions pour la santé des animaux qui m’entendaient. À force, l’air s’est plus ou moins fixé, même si j’utilise parfois des variantes. Ainsi, je répète souvent plusieurs fois les deux derniers vers en jouant avec les sons.

C’est ce que vous allez voir ici. L’incompétence dont je parlais fait que le rythme que je suis n’est pas tout à fait celui donné dans la partition et que certaines notes sont plus ou moins douteuses car ma voix n’est pas assez entraînée pour rester vraiment juste. Si vous joignez à cela le fait que je ne sais pas vraiment noter la musique, vous comprenez que la valeur de la chose est limitée.Vous trouverez ci-après l’adresse du texte original :

https://alliswritten.blogspot.com/2026/01/en-lisant-saint-jean-chapitre-15.html

Précisons que le premier air (avant le long silence) sert pour toute les strophes SAUF la dernière, pour laquelle on utilise le second air (après le long silence).

La première image donne l’air pour une voix de mezzo-soprano ou de soprano.

La seconde image donne l’air pour une voix de basse.

Peut-être est-il possible pour un bon chanteur d’utiliser les deux : je l’ignore.

Si l’air est mauvais ou dénué d’intérêt, veuillez, je vous prie, accepter mes excuses : je n’ai aucun moyen de juger mon propre travail et très peu de gens (à vrai dire une seule personne) donnent leur avis, encore moins en me l’expliquant.



 

L'Avenue du Ciel (table des matières)

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dimanche 21 juin 2026

Maxime zénithale

 

Le ciel est déchiré tel le voile du temple

Et la nue est montée vers la voûte céleste ;

Nous écrivons nos vies sur ce grand palimpseste

Mais du fond de ce trou le vide nous contemple.

 

Maximes et autres moralités

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vendredi 12 juin 2026

Mystère

 

Dans le jardin, il y a une souche ;

assis sur cette souche, on voit un homme ;

là, plus loin, d’autres hommes font un somme,

sourds à tous les mots qui quittent sa bouche.


Plus loin, devant un feu, on voit une femme ;

ses mains tremblent sous les coups des alarmes

serrant fort un flacon couvert de larmes ;

ses yeux brillent du reflet de la flamme.


Bien plus loin, là-bas, se trouve une ville

où l’on décide de la mort d’un être

qui a toujours refusé de paraître,

rompant la paix d’un endroit si tranquille.


À un tout autre endroit, dans un froissement d’ailes,

les anges enlacent chaque mot prononcé

par le Fils adoré venu nous annoncer

le pardon des auteurs de ses peines cruelles.


Maintenant, l’homme est à genoux,

l’assemblée tout ensommeillée ;

la femme, elle, gît prosternée,

la ville est tout emplie de nous.


À présent, l’homme est prosterné,

l’assemblée ronfle bruyamment,

la femme pleure doucement

et le jardin est bien cerné.


Derrière Judas, notre père,

nous avançons jusqu’à un arbre

mais sous nos visages de marbre

se cache un enfant qui espère.


L’homme à l’innocence coupable

nous regarde d’un air affable ;

d’un baiser sur sa lèvre aimable,

Judas vient clore notre fable.


Poésies diverses (table des matières)

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mercredi 20 mai 2026

Si j'étais, moi

 

Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ?

Évangile selon Saint-Jean ; 6,9.


Si j’étais, moi,

J’écrirais un poème

D’une beauté suprême

Parlant de Toi.


Si j’étais, moi,

Je remplirais des traits

Des notes d’un motet

Te chantant, Toi.


Si j’étais, moi,

Je sculpterais la terre

En forme de calvaire

Pointé vers Toi.


Si j’étais, moi,

Je jouerais des couleurs

Pour peindre le bonheur

Que Tu es, Toi.


Si j’étais, moi,

J’ornerais une église

De courbures exquises

T’évoquant, Toi.


Mais je suis moi

Et je danse ces stances

Au rythme du silence

Qui Te dit, Toi.

 

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vendredi 8 mai 2026

De la stupidité

Prosopopée de l’idiotie


Le crétinisme ne vous appelle-t-il pas ?

La bêtise n’élève-t-elle pas la voix ?

Sentez-les vibrer contre votre peau,

Entendez leur chant dans chaque bureau ;

Depuis leurs beaux studios

D’où ils vous font la cour,

Tous les pimpants appeaux

Vous tiennent ce discours :

Ami, communions dans la joie !

Suis-moi, je te montre la voie.

Simples ! À vous l’incompétence !

Savants ! Apprenez l’ignorance !

Je viens pour prononcer des discours nébuleux,

Suivez ce que vous dit mon palais sinueux ;

La vérité se noie dans mes raisonnements,

Et le mal devient bien par mes détournements.

Chaque mot que je dis est une chausse-trape,

Chacun de mes effets est un mal qui vous ronge

Et quand vous me suivez, la vie n’est plus qu’un songe

Cachant un cauchemar qui vous prend et vous happe.

Suivez la voie de l’or et non pas du savoir :

Devenir comme moi est votre seul espoir.

La bêtise vaut mieux que la folle espérance

Pour avoir une place et en tirer jouissance.


Éloge de la bêtise par elle-même


Moi , la stupidité, j’habite vos écrans,

C’est là que j’accomplis la volonté des grands.

Je maîtrise tout l’art de la génuflexion

(Vos maîtres vous veulent dociles et abjects).

Rien ne vaut à mes yeux les parvenus infects

Exigeant des petits l’absolue soumission.

À moi appartiennent la vanité hautaine,

La lâcheté contente au sadisme joyeux

Qui sont le fondement du tortionnaire heureux,

Pinacle reconnu de la bassesse humaine.

Par moi règnent les rois,

Ceux qui disent le droit,

Les petits chefs stupides

Et les nervis avides.

J’aime celui qui aime

Le mépris que je sème

Pour tout ce qui est haut,

Sain, suave, doux, beau.

J’offre à mes serviteurs la richesse et la gloire,

Un renom sans égal dans les livres d’histoire

Pour une vie passée à se remplir les poches

Et à se vénérer au milieu des bamboches.


La stupidité émancipatrice


Adam m’a enfantée dès son apparition

Et Ève m’a bercée dès sa première action.

Ma force a augmenté,

À chaque nouveau-né

Et ma puissance a cru

Quand est née la tribu.

Le déluge m’a nui mais je vous manquais tant

Que vous avez donné votre Dieu contre un veau

Afin de m’adorer dans un monde nouveau

Et d’offrir vos enfants aux servants du satan.

La hiérarchie tribale accroissait ma puissance

Et celle du clergé la rendait plus profonde

Et bientôt les crétins possédèrent le monde

Et trouvèrent un roi pour m’en donner jouissance.

Puis vint le temps béni de l’administration

Qui conduisit le peuple au hangar pour la tonte

Et les plus beaux d’entre eux au palais pour la monte

Et les plus révoltés au lieu de castration,

Puis vint le joyeux temps

Des peuples libérés

Qui pour être brimés

Choisirent mes enfants.

Bâton du maréchal, sceptre du dirigeant,

Grade du petit chef, insigne du truand,

Je règne sans partage à la tête de ceux

Qui sont tellement cons qu’ils se veulent des dieux.


L’invite suprême


Si vous ne m’aimez pas, prenez-vous en à vous :

C’est vous qui d’âge en âge élisez dans vos rangs

La plus vile canaille et les pires brigands ;

C’est vous qui parmi vous choisissez tous ces poux.

Dieu vous l’avait bien dit mais nul n’est aussi bête

Que le crétin fini qui n’en fait qu’à sa tête.

Heureux donc l’imbécile

Qui œuvre à ma grandeur :

À vous la vie servile,

Le travail et la peur ;

À lui la joie futile,

L’orgueil et la hauteur.


Note : Ce texte est essentiellement inspiré du livre des Proverbes (6).

 

Table des contre-essais

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