mardi 22 septembre 2026

Averse

 

Comme la pluie tintinnabule

Sur les cloches des campanules,

Une procession de chenilles

Se rassemble sous les jonquilles ;

Des vers émergent de la terre

Gras des morts de ce cimetière.


Comme le nuage s’épuise

Au son des griffes qu’on aiguise,

On voit émerger des ramures

Les museaux de cent créatures

Et l’on entend dans les charmilles

Les passereaux pousser des trilles.


Comme le temps se fait aimable,

Les animaux s’écrient « à table ! » ;

Du plus doux chasseur de brins d’herbe

Au prédateur le plus acerbe,

Chacun cherche sa nourriture

Parmi les dons de la nature :


Mangeurs et mangés se rassemblent

Formant le plus charmant ensemble...

 

Poésies diverses (table des matières)

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mercredi 16 septembre 2026

Tube 39 (38)

 

(38 bis, Avenue du Ciel)


J’ai dit :  « Je me tairai,

Jamais ne parlerai

Tant que le mal sera devant moi,

Ma voix, nul ne l’entendra. »


En moi, le feu flambait,

Mon cœur se consumait

Et ma bouche s’ouvrit pour prier :

« Je T’en supplie, Majesté !


Bien courts Tu fis mes jours,

Bien brèves mes amours,

Nous vivons tous le temps d’un soupir :

Juste né, il faut mourir.


Que reste-t-il, Seigneur,

Au serviteur qui meurt ?

Toute mon espérance est en Toi,

Mon Dieu, sauve-moi de moi !


Sous tes coups, j’agonise

Et chacun me méprise ;

Tu m’as montré mon néant, Seigneur,

Et je survis dans la peur.


Entends ma voix qui crie

Et mon cœur qui supplie !

Laisse-moi arriver à bon port

Avant l’heure de ma mort. »



Note : Ce poème s’est principalement abreuvé à deux sources : le psaume 39 (Bible de Jérusalem, CERF, 2011) et la chanson « Aux marches du palais ».

 

L'Avenue du Ciel (table des matières)

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mercredi 9 septembre 2026

Des amants du néant

 

Les amants du néant ont tous de grands miroirs

Afin d’y admirer la splendeur de leurs dieux

Ils voient dans leurs regards l’immensité des cieux

Et dans celui de Dieu les desseins les plus noirs


Les amants du néant se masturbent souvent

En pensant aux bienfaits qu’ils prodiguent au monde

L’amour de leur bonté de plaisir les inonde

Et pour eux le prochain n’est qu’un grand trou béant


Les amants du néant se rient des imbéciles

Qui recherchent dans l’autre une vision de Dieu

Car pour eux leur grandeur est ce qui en tient lieu

Et les joies de la vie leur paraissent futiles


Les amants du néant ont souvent des enfants

Qu’ils sculptent patiemment pour qu’ils soient leur image

Ils ne cherchent en eux que leur propre visage

Et vomissent leur bile en les voyant vivants


Les amants du néant ont monté une église

On y vient à genoux parmi un monde fou

Elle n’est nulle part mais se trouve partout

Et chacun sent sur lui le poids de son emprise


Les amants du néant à leur enterrement

Voient accourir en foule une horde de rats

Ils sont ensevelis au milieu des combats

Pour choisir des néants lequel deviendra grand

 

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