Les amants du néant ont tous de grands miroirs
Afin d’y admirer la splendeur de leurs dieux
Ils voient dans leurs regards l’immensité des cieux
Et dans celui de Dieu les desseins les plus noirs
Les amants du néant se masturbent souvent
En pensant aux bienfaits qu’ils prodiguent au monde
L’amour de leur bonté de plaisir les inonde
Et pour eux le prochain n’est qu’un grand trou béant
Les amants du néant se rient des imbéciles
Qui recherchent dans l’autre une vision de Dieu
Car pour eux leur grandeur est ce qui en tient lieu
Et les joies de la vie leur paraissent futiles
Les amants du néant ont souvent des enfants
Qu’ils sculptent patiemment pour qu’ils soient leur image
Ils ne cherchent en eux que leur propre visage
Et vomissent leur bile en les voyant vivants
Les amants du néant ont monté une église
On y vient à genoux parmi un monde fou
Elle n’est nulle part mais se trouve partout
Et chacun sent sur lui le poids de son emprise
Les amants du néant à leur enterrement
Voient accourir en foule une horde de rats
Ils sont ensevelis au milieu des combats
Pour choisir des néants lequel deviendra grand