Dans le jardin, il y a une souche ;
assis sur cette souche, on voit un homme ;
là, plus loin, d’autres hommes font un somme,
sourds à tous les mots qui quittent sa bouche.
Plus loin, devant un feu, on voit une femme ;
ses mains tremblent sous les coups des alarmes
serrant fort un flacon couvert de larmes ;
ses yeux brillent du reflet de la flamme.
Bien plus loin, là-bas, se trouve une ville
où l’on décide de la mort d’un être
qui a toujours refusé de paraître,
rompant la paix d’un endroit si tranquille.
À un tout autre endroit, dans un froissement d’ailes,
les anges enlacent chaque mot prononcé
par le Fils adoré venu nous annoncer
le pardon des auteurs de ses peines cruelles.
Maintenant, l’homme est à genoux,
l’assemblée tout ensommeillée ;
la femme, elle, gît prosternée,
la ville est tout emplie de nous.
À présent, l’homme est prosterné,
l’assemblée ronfle bruyamment,
la femme pleure doucement
et le jardin est bien cerné.
Derrière Judas, notre père,
nous avançons jusqu’à un arbre
mais sous nos visages de marbre
se cache un enfant qui espère.
L’homme à l’innocence coupable
nous regarde d’un air affable ;
d’un baiser sur sa lèvre aimable,
Judas vient clore notre fable.
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