Je voudrais amenuiser chacun de tes pas jusqu'à ce qu'il dure cent ans.Je voudrais que chacun de tes souffles dure mille ans. Je voudrais que tout de toi dure plus que le temps. Je voudrais que tu sois là éternellement. Je voudrais passer dans ta vie comme un papillon, butinant ma joie sur ta peau et goûtant ton sourire. Je voudrais être une abeille et enrouler ton odeur et ta saveur pour en faire un miel aux subtils arômes qui toujours seraient toi.Je ferais alors une cire pour prévenir l'hiver, une cire emplie de toi, de ton goût, de ton odeur, de ta saveur, du son de ta voix, de ta présence auprès de moi, de ta peau sur ma peau, du feu de ta présence qui m'emplit de la joie d'être moi car tu es ici, à coté de moi.
Je suis là et je regarde la pluie tomber.
Je n'ai rien dans les mains et je regarde la pluie tomber.
Je n'ai pas de ta cire pour prévenir l'hiver, je n'ai rien de ta voix pour lutter contre moi.
Je n'ai rien dans les mains et je regarde la pluie tomber.
L'hiver est là.
mercredi 24 février 2016
samedi 28 novembre 2015
Deo Gratias
J'aime dans la musique son exactitude fatale.
Chaque chose est à sa place, note,
variation ou silence.
C'est un lieu où tout l'univers
converge
Sans rime ni raison ou harmonie
Aussi arbitraire que les mathématiques
Unie comme elles au sens du monde
Par la grâce de notre humanité.
J'aime dans la poésie son exactitude fatale.
Chaque chose est à sa place, son,
syllabe, ou silence.
C'est un lieu où tout l'univers
converge
Sans rime ni raison ou harmonie
Aussi arbitraire que les mathématiques
Unie comme elles au sens du monde
Par la grâce de notre humanité.
J'aime dans l'art son exactitude fatale.
Qui va et vient, vogue et diverge ou
converge parfois
Exergue et divague au rythme de nos
heurs
Aussi arbitraire que les mathématiques
Aussi arbitraire que les mathématiques
Mais qui toujours trouve ou retrouve comme
nous parfois le sens du monde
Par la grâce de notre humanité.
vendredi 2 octobre 2015
Fluctuat
imagine le monde à travers ses yeux
contemple-toi toi même et essaie de
t'aimer
tout empli de superbe et en humain
grimé
géant aux pieds de vent rampant dans
les cieux
toi aussi un jour tu deviendras un
vieux
ou insecte ou malade ou cadavre embaumé
bête traquée ami trahi femme brimée
rêvant d'une vie où tout être est
précieux
reprends place en ton être et continue
à rire
remets donc à plus tard lorsqu'il
faudra mourir
à quoi bon tant d'efforts viens
poursuivons le bonheur
cesse donc de penser ô esprit impavide
cette voie est aride et mon corps trop
avide
seul compte le plaisir le reste n'est
que leurre
mardi 18 août 2015
Peur
Vous
entrez.
Tous
rient, et vous montrent du doigt.
Vous
sortez.
Tous
rient, et vous montrent du doigt.
Vous
arrachez vos yeux,
Mais
vous entendez rire;
Vous
crevez vos tympans,
La
terre tremble de rire;
Alors
vous criez:
« Assez! »
Et
puis vous vous tuez.
Dieu
rit, et vous montre du doigt.
samedi 25 avril 2015
Fils de Caïn
Fils de Caïn, sois maudit pour
l'éternité.
Moi, le seigneur ton Dieu, je t'offrais
l'espérance
D'une vie riche et belle, dénuée de
souffrance,
La joie du mariage, de la paternité,
Voir grandir tes enfants, sourire
dépité,
Quand leurs rires se taisent devant ta
peau rance,
Faisant place à des pleurs tandis que
je m'avance,
Tel l'ombre d'un regret que ta futilité
N'a pas pu effacer. C'est fini,
terminé.
Qu'as-tu fait de ce grain qui aurait dû
germer?
Mais qu'ai-je donc à faire de tous tes
émois?
Moi je t'avais béni, et tu as espéré,
Sans fin tu as promis, sans fin tu as
erré.
Maintenant tu es vieux, et tu rampes
vers Moi.
Lilith
Liminaire enfoui au plus profond des
rêves
Ivresse de la chute au secret de l'abîme
Liesse du lion chevauchant sa victime
Ire cinglant sans cesse ni trêve
Torche radieuse embrasant toute issue
Hache mordant au creux de l'âme nue
Ivresse de la chute au secret de l'abîme
Liesse du lion chevauchant sa victime
Ire cinglant sans cesse ni trêve
Torche radieuse embrasant toute issue
Hache mordant au creux de l'âme nue
samedi 7 mars 2015
Un cri, là, dans la nuit
Cette nuit un cri a retenti, là, tout près de moi. J'ai fermé la
fenêtre et me suis rendormi.
A nouveau le cri, là, si près de moi, et puis le silence, et à
nouveau le cri, et puis la nuit et je me suis rendormi. Et puis le
cri encore, qui me rendit fou, et je dis:
« Sont-ce là des façons, souffre donc en silence! fais comme
nous tous et ne réveille plus! »
Et puis le cri encore. Je me suis relevé, j'ai rouvert ma fenêtre
et j'ai pris mon fusil et puis j'ai attendu, attendu, attendu.
Et à nouveau le cri, et le bruit, et la balle, le silence, et la
nuit.
Un jour, toi aussi tu épauleras.
Vise bien.
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