Je m’en vais vers la tombe
une pelle à la main :
la tâche qui m’incombe
n’attendra pas demain.
Il faut ouvrir la terre
et y creuser un trou
qui, bien qu’un peu austère,
soit fait à votre goût.
La longueur, c’est facile,
ça change rarement ;
la largeur, difficile :
elle varie souvent.
Tiens bien compte de ça
pour ta propre personne :
qui sait s’il deviendra
mignonnette ou bonbonne ?
Ces travaux achevés,
j’irai me recueillir
au chevet des pauvrets
dont j’entends le soupir.
Je ferai connaissance
avec le voisinage ;
avec un peu de chance,
il se tiendra bien sage.
Je prierai pour les uns,
rirai avec les autres,
pleurant pour les faquins,
bénissant les apôtres,
et puis je m’en irai
vers ce qu’on nomme vie,
et là je subirai
l’empire de l’envie.
Poésies diverses (table des matières)
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