La forme de ton doigt est là, sur ce miroir, me laissant en proie à un débat intérieur. Si je l’embrasse, ou même si je l’effleure, je la déforme. Si je ne la touche pas, je reste la proie de ma faim de toi. Si je la couvre d’un film, je puis embrasser son image, effleurer sa vision, mais je ne puis toucher l’endroit que tu as touché pour le devenir, pour être le miroir de ta beauté. Ainsi, en inventant un moyen de me sentir proche de toi, je m’éloigne de ta réalité pour me noyer dans mon illusion ou, pire, dans son souvenir.
C’est alors que vient l’heure du choix : consumer ton souvenir dans l’acte ou figer l’instant dans la vanité du temps. Alors j’avance mes lèvres et sous elles naît ton doigt, et dans le miroir ton image, et en moi sa lumière et dans la chaleur de ton doigt mes lèvres deviennent part de toi et mon corps l’image de ta beauté. Tout vêtu de toi, je me drape dans l’instant et souris au monde, vivant moment de ton amour.
Poèmes en prose (table des matières)
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