Rejoins-moi, mon ami, en ce doux paradis
Où le ver ne meurt pas, où la flamme perdure,
Où l’œdème s’accroît et où la plaie suppure,
Où dansent les démons et pleurent les maudits.
Suis le son de ma voix qui te guide vers nous,
Rejoins notre quadrille et prends part à la danse,
Gorge-toi des petits, fais-t-en péter la panse
Et piétine l’enfant qui supplie à genoux.
Viens-t-en voler la veuve, accabler l’orphelin,
Fais pour eux de la mort un espoir et un rêve,
Et pour les guider là, emploie contre eux sans trêve
Cette arme qu’est ta voix, ce burin qu’est ta main.
Affiche ta beauté, fais régner ta grandeur !
Pour prouver ta valeur et gagner notre estime,
Fais rêver tous les gueux et pousse-les au crime :
Pour combler tes désirs, il répandront la peur.
La souffrance du pauvre est le grand escalier
Qui mène à mon palais où règnent les délices
Des élus de mon chœur qui satisfont leurs vices
En usant du prochain comme d’un marchepied.
Poésies diverses (table des matières)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire