(38 bis, Avenue du Ciel)
J’ai dit : « Je me tairai,
Jamais ne parlerai
Tant que le mal sera devant moi,
Ma voix, nul ne l’entendra. »
En moi, le feu flambait,
Mon cœur se consumait
Et ma bouche s’ouvrit pour prier :
« Je T’en supplie, Majesté !
Bien courts Tu fis mes jours,
Bien brèves mes amours,
Nous vivons tous le temps d’un soupir :
Juste né, il faut mourir.
Que reste-t-il, Seigneur,
Au serviteur qui meurt ?
Toute mon espérance est en Toi,
Mon Dieu, sauve-moi de moi !
Sous tes coups, j’agonise
Et chacun me méprise ;
Tu m’as montré mon néant, Seigneur,
Et je survis dans la peur.
Entends ma voix qui crie
Et mon cœur qui supplie !
Laisse-moi arriver à bon port
Avant l’heure de ma mort. »
Note : Ce poème s’est principalement abreuvé à deux sources : le psaume 39 (Bible de Jérusalem, CERF, 2011) et la chanson « Aux marches du palais ».
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