samedi 17 octobre 2026

De monts en vaux

 

J’ai percé quelques trous tout le long de mon âme,

Et puis une embouchure à son extrémité

Pour aller mon chemin de village en cité

En jouant sous la nue ce que chante la flamme.


En réponse à mes airs, on me montrait du doigt,

Ou bien on m’ignorait en se frottant la panse ;

Parfois on s’arrêtait pour plaindre ma démence

Mais la foule exigea un rappel à la loi.


Un bien aimable agent me proposa un bœuf

Avec d’autres vauriens recueillis par la ville

Mais ne voulant troubler un endroit si tranquille,

J’allais dans les faubourgs m’y faire cuire un œuf.


Inspiré par François, je gagnais la décharge

Et cherchais des corbeaux pour leur jouer un morceau

Mais un gardien rustaud m’en chassa tout de go

Et, dégoûté de tout, je pris enfin le large.


Je traversais les prés pour gagner les fourrés

Et jouer aux animaux ce que chante la flamme

Mais chaque mâle était en quête de sa dame

Et tous me montrèrent le chemin des forêts.


À peine y étais-je qu’un pompier m’arrêta :

« Que viens-tu faire ici, surtout avec ta flamme ?

Veux-tu faire brûler ce cervidé qui brame ?

Circule, va-nu-pieds, va-t’en chercher un toit. »


De fil en aiguille, je gagnais l’océan

Et jouais tristement pour le vent et les vagues,

Mais le froid me frappait du piquant de ses dagues

Et la mer ressemblait à un grand trou béant.


Soudain je m’avisais qu’assis là sur le sable,

Un être m’écoutait en pleurant doucement

Et tandis que la nuit l’enlaçait tendrement,

Je m’assis moi aussi et jouais pour le diable.

 

Poésies diverses (table des matières)

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