Mon calame accroché à une branche basse,
Assis sur un rondin, je vois le long ruban
De l’autoroute grise onduler souplement
Entre les murs feuillus qu’il couvre de sa crasse.
Derrière moi s’étend une forêt profonde
Peuplée de sangliers, de pies et d’écureuils,
De pigeons, de mulots et de quelques chevreuils
Issus de la beauté de la terre féconde.
Et soudain mon geôlier me demande un poème
Parlant de ces beautés qu’il est venu détruire
Afin de régaler ceux qui aiment conduire
Entre les souvenirs de ce monde que j’aime.
Comment chanterais-je la générosité
De Dieu qui a donné aux hommes cette terre
Aux amants de la mort qui Lui est étrangère
En souillant sa bonté de leur rapacité ?
Alors je chante Dieu, le Seigneur des Armées,
Père de la justice à la lente colère
Qui viendra parmi nous pour y faire la guerre
Aux graines de la mort que nous avons semées.
L'Avenue du Ciel (table des matières)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire